Fonction et puissance des chevaliers d'or
Source: Saint Seiya ForumVersion Iphianassa:La question de la puissance des chevaliers d’or par rapport aux autres et donc savoir qui battrait qui, est à mon avis une mauvaise question. Je pense qu’on ne pourra jamais avoir de conclusion satisfaisante car le postulat de départ, à savoir : on peut déterminer qui est le plus fort au vu de ses attaques et de ses défenses, est faux ou tout au moins biaisé.
Voilà, pour moi Kuru peut doter un chevalier de toutes les arcanes les plus imparables qu’il soit, ça ne voudra rien dire et il pourra se faire torcher par n’importe qui (même Ichi^^) si Kurumada le décide ainsi (si si^^).
A mon avis, ce qui peut être intéressant de voir ce sont les fonctions des chevaliers d’or dans l’histoire. A quoi servent-ils ? Pourquoi certains meurent et pas les autres ? Comment font-ils progresser la trame ?
Les chevaliers ne déploient pas la même puissance parce qu’ils n’ont pas tous la même utilité. Ce n’est pas qu’ils ne l’auraient pas pu ou qu’il y en a des plus faibles mais c’est que ce n’était pas nécessaire.
Voilà donc, mes petites théories sur les fonctions de chaque gold, théories qui n’engagent que moi et qui peuvent parfois s’apparenter à de la psychologie de comptoir mais bon, c’est ma vision des choses et comme je suis généreuse je partage ^_^
MU : Le premier chevalier, c’est le rempart. La première ligne de défense qui empêche logiquement les ennemis de passer. D’ailleurs on retrouve cette idée dans le Cristal Wall, pas besoin d’attaque purement physique, une barrière psychique suffit à ce rôle. C’est pour cela qu’il est celui qui a déserté le Sanctuaire pendant l’absence d’Athéna. Athéna absente il ne sert à rien. Il revient en même temps qu’elle. Il a également une deuxième fonction, il répare les armures. Ce sont deux fonctions complémentaires, il intervient en début de combat, soit pour faire barrage soit pour préparer les combattants.
ALDEBARAN : Sa fonction serait d’indiquer la voie. Il annonce les dangers et aide à s’en prémunir. Une sorte d’alarme en fait. Dans la bataille du sanctuaire, il montre aux bronze la puissance des Gold (le danger donc) et la façon d’atteindre le 7ème sens pour les vaincre (la prévention). Dans le manga, c’est le seul gold qui affronte un marina, il annonce le nouvel ennemi. Dans Asgard, c’est encore le seul gold contre un guerrier divin, on a une nouvelle fois l’annonce de l’ennemi et en plus il révèle à Marine la présence de l’ombre de Syd (prévention). On a le même schéma dans Hadès, où il affronte un spectre alors que l’on pensait que seul les gold ressuscités attaquaient et il indique la façon de vaincre Niobé.
Donc, à mon sens, s’il est présenté comme faible, c’est que sa fonction n’est pas de se battre mais de servir d’alarme : de prévenir et de prémunir. D’ailleurs, une fois la dernière menace indiquée il peut mourir, on a plus besoin de lui.
SAGA ET KANON : Ils remplissent la même fonction : montrer la dichotomie du monde mais de façon légèrement différente.
SAGA : Il montre que le bien est corruptible. Le bien absolu n’est qu’une chimère, il y a toujours une part d’ombre. La lumière n’est rien sans l’obscurité et l’obscurité rien sans la lumière. Saga est le yin et le yang à lui tout seul, il fait coexister tous les contraires et c’est pour cela qu’il apparaît comme le plus fort, il est entier même si souvent ces deux états entrent en contradiction. Cette cohabitation des deux états (bon / mauvais) est sa faiblesse mais en même temps sa force. D’ailleurs lorsqu’une partie de sa personnalité disparaît (le côté obscur^^) il perd du même coup sa symbolique et donc ne peut que mourir. Dans la partie Hadès, il reprend la dichotomie mais consciente cette fois-ci, il arbore les couleurs d’Hadès pour servir Athéna.
KANON : Il répond au même critère mais plutôt qu’une cohabitation des natures on a une succession. Il est d’abord mauvais puis devient bon. Il ne peut que survivre jusqu’au bout puisqu’une bonne partie du message saint seiyaesque est contenu dans ce personnage : il n’est pas de ténèbres assez profondes qu’on ne puisse revenir à la lumière.
DEATH MASK : La haine à l’état pur. Il est LE méchant de l’histoire. Bien plus que Saga ou même que Hadès. Il ne peut pas vaincre puisqu’il agit sans but. D’ailleurs ce n’est pas tant Shiryu qui le bat mais l’amour que Shunrei porte au dragon. On a donc un combat de l’amour contre la haine (message très kurumadien également). Ainsi, lorsqu’il revient dans la partie Hadès, il n’est plus méchant, il perd donc sa fonction sans en avoir une nouvelle, il est donc inutile et meurt aussitôt.
AIOLIA : Un peu plus difficile. Je dirais qu’il représente celui qui se fait abuser, l’éternel floué. Le plus marquant est bien sûr l’illusion démoniaque du grand pope quand il combat Shaka, mais je pense qu’il a déjà été victime d’une sorte d’illusion démoniaque, symbolique celle-là depuis qu’il a cru le Grand Pope au sujet de son frère. Il sera une nouvelle fois victime d’une illusion lorsque Saga tuera Shaka, il sera persuadé (comme les autres) de la trahison des ressuscités.
SHAKA : L’aveuglement. Il est si certain de sa supériorité spirituelle (réelle) qu’il en est aveuglé. Métaphore accentuée par le fait qu’il garde les yeux fermés. Sa cécité volontaire lui fait percevoir les hautes sphères mais lui cache complètement les choses de bas niveau, comme la duperie du Grand Pope. Ainsi lors de son combat contre Ikki, une fois ses yeux ouverts il ne peut que perdre puisque la réalité doit lui apparaître enfin. Dans la partie Hadès toutefois, il change de rôle (c’est d’ailleurs le seul qui change autant de statut) il devient le guide (rôle auparavant endossé par Aioros), celui qui mène à la lumière. C’est d’ailleurs lui qui guide Athéna dans les ténèbres des enfers (pas très satisfaite de cette explication là).
DOHKO : Celui qui sert à rattacher l’histoire dans un repère temporel, l’histoire que nous suivons est une continuité et non pas un début. En plus, il représente également le vieux maître sage typiquement oriental. Et pendant Hadès, le fait qu’il rajeunisse appuie le fait que tout n’est qu’éternel recommencement, les combats d’hier recommenceront demain, à plus forte raison si c’est avec les mêmes combattants. On a donc un passage de flambeau de la vieille génération à la nouvelle. Il apparaît comme extrêmement fort puisqu’il a la sagesse de l’expérience et qu’il est l’incarnation de toutes les générations précédentes.
MILO : Je l’assimilerai à un rite de passage. Il sert de transition d’un état à un autre. Ses deux grands affrontements sont tous les deux de cet ordre là. C’est pour cela qu’il a une attaque que beaucoup considère comme mal fichu parce que trop longue. La longueur de l’attaque est dépendante de la fonction de Milo. Elle ne vise pas à tuer sur le coup mais à servir d’épreuve. Hyoga sait qu’il doit se détacher de son passé pour progresser et vaincre. Kanon ancien Méchant sait que son avenir est au côté d’Athéna. La connaissance n’est pas suffisante. Comme dans toutes les sociétés traditionnelles pour changer de statut il faut une mise à l’épreuve pour s’assurer de la volonté des hommes. Cette épreuve est Milo et ses quinze coups. S’ils survivent ils peuvent continuer sinon l’aventure s’arrête là. A chaque fois, il va jusqu’à Antarès et soigne ses victimes. Ces dernières ont réussi le passage et donc Kanon devient chevalier d’Athéna à part entière et Hyoga réussi enfin à se détacher de son passé.
AIOROS : Le guide. D’ailleurs son symbole est la flèche, celle qui indique la direction. Il n’apparaît pas dans Hadès avant le mur des lamentations parce que cette fonction de guide est prise par Shaka.
SHURA : Celui qui vit dans le mensonge. Il sait qu’il ne sert pas la justice, il sait que le grand pope est un imposteur, il sait qu’Aioros était innocent mais il sert le Grand pope et il a abattu le sagittaire. Pourtant il essaye de vivre en se persuadant du contraire, en se persuadant qu’il suit la Vérité et le Bien. Une fois qu’il est confronté à la vérité, qu’il ne peut plus se mentir à lui-même il doit mourir.
CAMUS : C’est le maître de Hyoga, uniquement. C’est sa seule fonction. Il est le seul à combattre dans une maison qui n’est pas la sienne, et s’il le fait c’est pour affronter son disciple. Il termine son enseignement pendant la bataille. Lors du deuxième affrontement, il ne cherche même pas à arrêter Seiya and co, dans l’anime c’est encore plus flagrant, on voit qu’il ne les regarde même pas, ses yeux sont fixés sur Hyoga uniquement. Il donne ses dernières leçons au cygne, et lorsque celui-ci les a assimilé il ne lui reste plus qu’à mourir.
APHRODITE : Une conception de ce qui est juste complètement contraire à la morale Saint Seiya et pour cela il ne peut que mourir. Lorsqu’il adhère à la justice d’Athéna, c'est-à-dire quand il ressuscite, on est dans le même cas de figure que DM, il n’a pas de fonction de remplacement, donc ne sert à rien et est condamné à se faire lamentablement battre.
Voici, donc quelques ébauches d’idées sur chaque personnage. Je voulais surtout montrer que leur victoire ou leur défaite n’est pas dû à leur capacité mais à leur rôle, leur fonction dans l’univers de Saint Seiya. Donc se dire qu’il y en a un plus fort que les autres n’est pas pertinent pour moi, ils n’ont pas la même utilité c’est tout. A la fin, les golds ne servent plus à rien, la relève est assurée par les chevaliers divins qui les ont même dépassés, il est temps pour eux de mourir, d’où ce suicide collectif devant le mur des lamentations.
Version Ash:L'idée du "parcours initiatique" à travers les douze maisons est très intéressante et tu l'expliques plutôt bien. Le fait que la traversée des Temples ne soit pas juste une succession de combats, mais aussi une source d'enseignements est assez Kurumadien dans l'esprit et correspond bien au caractèe d'une déésse comme Athéna qui n'est pas que guerre, mais aussi sagesse et stratégie.
De toutes façons, cette idée de chemin initiatique qui permet d'apprendre au fur et à mesure du parcours est très "asiatique" (voir "les 6 épreuves de la Mort", de et avec Bruce Lee), mais par contre, je ne sais plus si c'est plutôt bouddhiste ou taoïste.
J'ai utilisé l'expression "le grimpeur" pour désigner de manière générale "l'initié" qui parcourt le chemin des 12 Maisons.
• Etape 1: le Bélier, constitue le "début" du chemin. Soit il bloque et incite à faire définitivement demi-tour, soit il répare les armures et permet donc d'entamer le parcours initiatique à zéro, avec toutes les chances de réussite.
• Etape 2: Le Taureau. Lui, ne tue pas directement. C'est le premier "vrai" obstacle, celui qui offre deux alternatives: faire demi-tour confortablement (c'est, en gros, ce qu'Aldébaran leur dit, "barrez vous et je vous fiche la paix") ou devoir se casser un peu le c... , et réussir à passer.
• Etape 3: Les Gémeaux. Deux chemins possibles, le bon ou le mauvais. Celui qui égare et mène n'importe où ("another dimension"), ou celui qui permet d'avancer et de franchir l'étape. En gros, la pensée droite face aux détours almabiqués qui ne mènent nulle part.
• Etape 4: le Cancer. Là, le "grimpeur" affronte la haine pure. Symboliquement, il affronte ses propres pulsions de haine et de mort et ne peut réussir que s'il apprend à les dépasser. Toujours symboliquement, c'est le combat contre soi-même, contre son propre... hmm... "côté obscur", contre son mauvais fond etc... Corroboré d'ailleurs par le fait que le Chevalier du Cancer est le seul qui n'ait pas de "vrai" nom. (Le "masque de mort", c'est un peu le reflet de notre "côté sombre" dans un miroir... euh... je sais pas si je suis très clair sur ce concept).
• Etape 5: le Lion. C'est l'épreuve du "Doute", celle où les certitudes s'affrontent. Le doute est représenté par Aiolia qui passe successivement d'une certitude à une autre dans la série (via ses convictions, via l'Illusion du Pope)... Ici, le "grimpeur" qui n'est pas sûr de ses convictions et qui n'est pas prêt au sacrifice pour elles (cf Cassios) doit faire demi-tour.
• Etape 6: La Vierge. L'épreuve - comme tu le disais - de la "Réalité". D'ailleurs, ce n'est pas un hasard s'il est situé à mi-chemin du parcours. Ici, le "grimpeur" doit abandonner toutes ses certitudes fausses et "ouvrir les yeux" pour continuer à avancer.
• Etape 7: La Balance. L'épreuve de "l'introspection". L'absence du Chevalier qui garde ce Temple oblige le "grimpeur" à faire son propre examen de conscience, sa propre introspection intérieure pour déterminer de lui-même, s'il est capable d'avancer, ou pas.
• Etape 8: Le Scorpion. L'épreuve de "la Douleur" qui laisse le choix au "grimpeur" de faire face à la douleur, de l'accepter et finalement de la transcender pour passer au-delà, soit de la refuser, de céder face à elle et de faire demi-tour.
• Etape 9: Le Sagittaire. Comme tu le disais, c'est le "guide". ncore une fois, c'est une étape d'introspection (pas de Chevalier pour faire face). Sauf que cette introspection permet au "grimpeur" de confirmer ses certitudes et la justesse de sa cause. Lorsqu'il l'accepte, il peut passer, "guidé" par la flèche du Sagittaire.
• Etape 10: Le Capricorne. L'Epreuve de "la Juste Vérité". Deux conceptions de la justice et de la cérité s'affrontent. Ou le "grimpeur" est suffisamment sûr de la justesse de sa cause et du fait de détenir la vérité (plus que son opposant), ou il meurt (Symbolique de la "lame" qui sépare la vérité du mensonge). Accessoirement, il ne peut plus y avoir "plusieurs" vérités à ce moment-là. Il n'y en a plus qu'une. Il faut l'accepter ou être bloqué.
• Etape 11: Le Verseau. Syboliquement, c'est le "meurtre du père". Le "grimpeur" s'aperçoit qu'il a terminé son initiation seul, qu'il n'a plus besoin de mentor, voire même que ce dernier est un obstacle. Symboliquement, il "tue le père" pour entrer dans l'âge adulte. S'il ne le fait pas, il stagnera éternellement. (Symbolique du cercueil de glace, qui ne tue pas, mais maintient "en stase" pour l'éternité.)
• Etape 12: Les Poissons. L'Epreuve des "Apparences trompeuses". Le "jeune adulte" doit désormais apprendre que ce qui est attirant peut aussi être très dangereux. Accessoirement, c'est aussi l'épreuve de la revanche. Ici Shun tue l'assassin de son maître, règle définitivement ses comptes avec le passé et boucle la boucle. Il ne vit plus dans le passé, il est désormais maître de son destin.